image suivante
Le projet architectural
Échanges et concertation

La construction de l’école est rapidement apparue comme un objectif important du partenariat pédagogique sur lequel a été créée l’association Réunion-Dagana. L’école Célestin Freinet, alors appelée Dagana 6, s’était installée, faute de locaux, dans les bâtiments du Centre Morgane, dédié à la formation d’instituteurs.

Fin 2004, un voyage d’étude à Dagana a permis de rencontrer les 2 premiers  enseignants, les parents, l’inspection de l’Education Nationale sénégalaise et le maire de Dagana. Un travail de concertation avec les futurs usagers en vue d’évaluer les besoins et attentes a débouché sur la mise en place du programme d’une école primaire de 6 classes avec un terrain de sports. Sur cette base, des architectes membres de l’association ont conçu un projet permettant une réalisation par tranches, en fonction des financements trouvés. La construction a démarré fin 2005 en partenariat avec l’association Morgane, qui avait déjà financé le centre de formation.

L’école est implantée sur un terrain de 13 000 m2 mis à disposition par la ville de Dagana. Le ministère de l’Éducation nationale sénégalaise finance les postes d’enseignants, les dépenses d’eau et d’électricité, et dans la mesure de ses possibilités, le mobilier.

La construction de l’école primaire

À toutes les étapes de la construction, les échanges et la concertation entre les usagers : enseignants, parents et les architectes est primordiale, tout en tenant compte des fonds disponibles ou des financements  possibles. Les plans font la navette entre Paris et Dagana, les propositions sont traduites en dessins. Sur place, le rôle de Papa Méïssa Hanne est très important, car c’est lui qui gère les rapports avec les entreprises, les achats de matériaux et qui vérifie avec le pilote de chantier la conformité  aux plans entre deux visites des architectes.

Les bâtiments s’organisent autour de trois patios plantés, entourés de galeries qui desservent les classes. Implantés selon un plan masse modulaire, ils sont réalisés progressivement, au rythme des financements et des créations de postes d’enseignants. Un premier bâtiment de deux classes avec galerie couverte a été livré à la rentrée 2006, puis un second ainsi qu’un terrain de sport à la rentrée 2007, et enfin des sanitaires et les deux dernières classes à la rentrée 2008. En 2010, une quatrième tranche comprenant la bibliothèque, la salle des maîtres et l’infirmerie a été réalisée et en 2011, le partenariat avec le Conseil Municipal des Enfants du XXe a permis d’équiper la Bibliothèque Centre de Documentation.

Parallèlement, une école maternelle de trois classes, prévue dans le projet architectural, a été réalisée par l’association Morgane. Actuellement (2012-2013), une salle de classe expérimentale destinée à l’accueil d’enfants en difficulté, le bureau du directeur et la loge du gardien sont en construction avec les galeries et circulations qui les desservent.

Le phasage des constructions permet une évaluation technique et financière par étape afin de valider ou de réajuster si nécessaire les choix de conception et de mise en œuvre.

 

Une école bioclimatique

S’inscrivant dans une démarche globale de développement durable, l’écriture architecturale s’appuie sur les matériaux disponibles localement et les savoir-faire des entreprises locales : maçonnerie de parpaings, enduits à base de sable ocre rouge, planchers en poutrelles-hourdis, portes, fenêtres et persiennes en serrurerie.

Le projet du lycée français de Dakar, que les architectes ont également réalisé depuis, décline certains des concepts initiés à Dagana, en les adaptant pour répondre aux exigences spécifiques du commanditaire, l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger.

Plusieurs dispositifs bioclimatiques passifs de régulation thermique, simples à construire et sans maintenance particulière pour garantir leur pérennité, ont été mis en œuvre par les entreprises locales :

- doubles murs pour les façades donnant sur la rue : l’espace vide intérieur est ventilé par des ouvertures hautes et basses retardant l’échauffement de l’intérieur des classes et profitant de la fraîcheur de la nuit ;

- galeries couvertes pour porter ombre sur les façades et servant de «classes extérieures» et d’aires de jeux ;

- persiennes métalliques orientables pour les portes et fenêtres vitrées qui filtrent le soleil tout en laissant pénétrer la lumière à l’intérieur des classes ;

- hauteur libre intérieure de 3,50 m qui permet une température plus fraîche en partie basse, l’air chaud montant naturellement ;

- végétalisation des patios qui apporte de la fraîcheur aux galeries

imageimageimage